J’ai toujours souhaité agir, être utile. Jusqu’ici, j’ai tenté de concrétiser ce désir à travers des institutions. Aujourd’hui, je pense que ma responsabilité est d’abord d’assumer et d’exprimer mes convictions.

Mon désir de servir s’est d’abord exprimé à travers l’écologie – un sujet découvert jeune, approfondi durant mes études et autour duquel j’ai eu la chance de pouvoir obtenir mon premier emploi (au sein d’une agence de l’UE consacrée à l’innovation dans le domaine de la transition écologique). Cette expérience fut frustrante ; j’eus l’impression que mon action n’avait pas l’effet bénéfique escompté.

C’est alors que j’ai commencé un long cheminement, qui m’a amené à ce besoin d’écrire. Ce cheminement fut pour partie intellectuel. Mes intuitions sur l’impuissance des organisations modernes prirent une forme plus méthodique dans une thèse de doctorat adossée à deux expériences, chez Engie puis à l’IHEDN. Mon questionnement fut aussi spirituel ; en redécouvrant et approfondissant ma foi chrétienne, j’ai appris à regarder autrement la question de l’action humaine, de sa finalité, des objets et des objectifs qu’elle poursuit.

Au fil de ce travail, j’ai peu à peu compris que ce qui était en crise n’était pas seulement l’efficacité de nos institutions, mais notre manière même de concevoir l’action politique. Nous avons pris l’habitude de rechercher des réponses impersonnelles et universellement valables aux problèmes politiques. Cette tendance doit beaucoup au modèle des sciences modernes, et nous pousse à faire reposer sur des institutions – des « personnes morales » – la responsabilité de l’action. Ce faisant, nous avons oublié qu’agir suppose toujours un sujet capable de dire « je » – et même « je veux ». J’ai peu à peu compris qu’il était vain d’attendre d’institutions l’engagement auquel j’aspirais.

Ce site cherche à tirer les conséquences de cette réflexion, en exprimant une parole personnelle, dont je m’efforcerai d’assumer pleinement la responsabilité. Il m’est apparu clairement que la conviction que je porte pourra difficilement s’exprimer à travers ou depuis une institution, quelle qu’elle soit. C’est pourquoi je m’exprime ici en mon nom propre.